De l’intranet à la Digital Workplace, comment concilier accélération digitale et sobriété numérique ?

Avec l’augmentation massive des accès et de la consommation de ressources digitales, l’impact du numérique sur l’environnement devient désormais un véritable enjeu pour les organisations. Dès lors, comment concilier son accélération digitale tout en minimisant son empreinte carbone ? Pour répondre à cette question, Jalios a sollicité deux de ses clients, le département du Pas-de-Calais et la région Bretagne, première région à obtenir le label Numérique Responsable, ainsi que la société Greenspector pour partager leurs points de vue et éléments de réponse.

 

numérique resposable 

Au Département du Pas-de-Calais, la Digital Workplace permet de réduire emails, espace de stockage et déplacements

Le département du Pas-de-Calais a lancé sa plateforme numérique en janvier 2019. Selon Thierry Gourlain, coordinateur de plateformes numériques du département, l’objectif premier de la plateforme ne s’inscrivait pas dans une démarche éco-responsable : les enjeux étaient plutôt de faciliter la communication et la collaboration entre les agents. Cependant, l’utilisation de la plateforme a permis de réduire les impacts environnementaux lié au trafic des données.

 

Par la création d’espaces collaboratifs, la plateforme numérique a engendré des changements de comportement de la part des collaborateurs au sein des différentes directions du département.

Thierry gourlain Thierry Gourlain explique par exemple qu'"en développant les FAQ, les wikis qui permettent de faire des ordres du jour de réunions, des compte-rendus avec des pièces jointes directement dans le document, ça évitait beaucoup de mails lourds. Même chose pour les savoirs, et petits tuto expliquant les démarches et procédures qui ont permis d'éviter de nombreux déplacements, de réunions ou de visio d'explications".

 

De même, la multi-catégorisation des documents a permis de réduire l’espace de stockage des données et de minimiser les échanges de mails avec des fichiers joints qui pèsent souvent très lourds. Par ailleurs, à la place de l’envoi de liens dont on ne peut pas maîtriser la sécurité ou le flux de données, la plateforme numérique de travail donne la possibilité de sécuriser les échanges des données par l’envoi des documents numériques valables un certain temps qui génèrent moins de trafic. La plateforme a donc son rôle à jouer dans la démarche environnementale du département, et l’adhésion à cette démarche par les agents avec cette sensibilité écologique contribue d’ailleurs à l’adoption de la plateforme.

 

La Bretagne, première région à obtenir le label numérique responsable

Pour faire en sorte que le numérique de demain soit sobre et soutenable, la région Bretagne a quant à elle, choisi de s’appuyer sur le label numérique responsable, octroyé par l'Institut du Numérique Responsable (INR). L’obtention de ce label permet d’avoir une vision à 360 degrés des pratiques numériques responsables et se traduit en un engagement de la région sur un plan d’actions pour les 3 prochaines années. Ainsi, la région a établi une feuille de route définissant une nouvelle stratégie de gouvernance, la communication sensibilisation, et l’aspect matériel et logiciel (data centers)...

Hervé Le Luherne, chef de projet responsable numérique de la région Bretagne, détaille l’obtention du label et les mesures clés : après un diagnostic de la consommation de ses ressources digitales tout au long des projets, la région a pu établir des indicateurs pour l’implémentation de sa politique de numérique responsable. 

Mais cela n’est pas suffisant ! Dans l’objectif d’éco-concevoir les services publics de demain pour davantage de sobriété numérique et un développement économique durable, la région travaille par ailleurs avec la société Greenspector, qui l'accompagne dans l'éco-conception de ses services numériques.

hervé le  Hervé Le Luherne insiste sur “l’importance de communiquer ces stratégies pour former les élus et sensibiliser les agents, mais aussi de corréler achats numériques et NR, et de maîtriser sa politique d’impression, d’infrastructure et de data center”.

 

Ainsi, la région est moteur dans la construction d’un écosystème avec les filières durables qui permettront ce changement à l’échelle et dans la durée.

 

Pourquoi et comment mesurer l’impact du numérique ?

 

Plus l’on passe de temps sur un écran, plus notre impact environnemental en tant qu’utilisateur est important. Thierry Leboucq, président et fondateur de Greenspector, rappelle ainsi l’importance de mesurer afin de détecter les potentiels facteurs de sur-consommation provenant des conceptions fonctionnelles comme les sur-fonctionnalités, le sur-design, ou le sur-contenu, ou du développement de codes gourmands et leur mise en production, qui consomment de grands espaces de stockage et de l’énergie numérique.

 

Le parcours de consommation de l’utilisateur (les scrolls, les clics, les nouvelles fenêtres ouvertes…) sur les écrans et les pages web peut être capté par des wattmètres positionnés dans le cloud ou installés directement sur l’ordinateur de l’utilisateur :

thierry “Ces wattmètres effectuent un pilotage de la consommation d’énergie des ressources digitales et des objets connectés, pour permettre aux organisations de se benchmarker via un système de scoring. Elles peuvent ainsi faire des projections de métriques environnementaux plus fiables et les améliorer tout au long du cycle de vie des projets”

 

Logiciel, réseau et stockage : facteurs contribuant à l’empreinte carbone digitale

Les habitudes de navigation et les usages informatiques ne sont pas les seuls facteurs qui jouent un rôle dans l’empreinte carbone du numérique. Celle-ci dépend aussi du type de logiciel utilisé, du réseau, et de l’espace de stockage. Thierry Leboucq explique qu'il “faut bien choisir les logiciels qui optimisent votre TCO (Total Cost of Energy). En effet, l’efficience des produits logiciels, selon leur type, est altérée au fil du temps, impactant leur consommation énergétique et leur impact environnemental."  De même, le type d’accès au réseau (2G, 3G, 4G, WiFi, filaire…) impacte le volume de données émises, le nombre de requêtes, les logistiques de transport des données, etc. Enfin, les data centers, suivant la valeur carbone de l’électricité consommée, le PUE[1] ou encore le taux d’utilisation des machines, peuvent aussi impacter l’empreinte carbone des données numériques.

 

Autant de facteurs à prendre en compte, à mesurer et analyser, pour s’assurer de ne pas suivre de « mauvaises intuitions » et avoir au global un impact environnemental numérique positif.

 

Propos recueillis dans le cadre de la table ronde « Digital Workplace et Numérique responsable » organisée par Jalios le 18 mai lors des DWDays.

 

 

[1] Power Usage Effectiveness. Le PUE est un indicateur mis au point par le Green Grid pour mesurer l'efficacité énergétique d'un datacenter.

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